« Ce qui suit n’est pas le récit d’exploits fabuleux, ni, à proprement
parler, un récit sur le mode « cynique ». En tout cas, tel n’est pas le propos. C’est un fragment de nos vies parallèles, au temps où nous parcourions ensemble un même bout de chemin,
dans une communauté d’aspirations et de rêves. En neuf mois, bien des choses peuvent venir à l’esprit d’un homme, de la spéculation philosophique la plus élevée à l’envie terre à terre d’une
assiette de soupe. Et cela, en totale harmonie avec le vide de son estomac. Et pour peu qu’il soit tourné vers l’aventure, cet homme vivra des épisodes auxquels les autres s’intéresseront
peut-être et dont le récit épars ressemblerait à ce genre de notes. »*
* Un carambar à celui ou celle qui trouve la référence ^^
Ça y est, le poulpe se décide enfin à narrer son « périple » à travers l’Europe. Car si certains déménagent à Majorque ou à
Dublin, si d’autres font des stages quelque part en Allemagne et en profitent pour se balader en Autriche, pendant que d’autres retrouvent la Suisse en Espagne… le poulpe, lui, s’en
est allé chasser le renne et le père Noël dans le grand nord. Et la Finlande, c’est chouette !
Mais non ! Poulpy ne vous racontera pas « d’exploits fabuleux ». Ni l’histoire de Marin et ses marinettes, de
la bibliothécaire jeunesse attaquée par un rouleau de PQ finlandais dans des toilettes fluorescentes, de l’autre bibliothécaire jeunesse à qui on a proposé des « normal
cigarettes ? », ni des deux hommes du groupe qui avaient un mini-bar dans leur chambre mais un seul lit !
Non le poulpe ne dira rien de tout cela.
Car « ce qui est en Finlande, reste en Finlande ! »
Mais par contre Poulpy vous racontera sa petite aventure au retour d’Helsinki. Un petit cadeau bonus qui fait toujours plaisir, qui
vous dit que vous n’êtes pas encore tout à fait au bout du voyage. En clair que t’es pas encore à la maison et que tu vas trimer pour y arriver ! une sorte de Kohlanta urbain ^_^
Donc, l’avion du poulpe décolle et adieu la Finlande à 16h (15h heure évianaise). Il atterri à Genève à 18h (heure évianaise aussi).
Jusque là tout va bien.
En sortant de la passerelle, le poulpe est accueilli premièrement par une bouffée de chaleur. Passer de 20°C à 30, ça fait quand même
un choc. Et deuxièmement, Poulpy est accueillie par ce brave George qui lui propose son fameux Nespresso en 4 par 3 avec son sourire Colgate. Là, le poulpe le regarde droit dans les yeux et lui
balance « George, tu sais très bien que je déteste le café ! et encore plus par cette chaleur. »
10 minutes plus tard, Poulpy a récupéré son sac et se dirige vers la sortie de l’aéroport, sa carte d’identité dans une tentacule et
son portable dans une autre.
Rallumage de portable.
Un message.
Maman.
« Tu es où ? Je suis à la plage. » Envoyé à 17h48.
…
La mère du poulpe à la plage ? Sentez vous le drame se profiler ?
Sms à Maman Poulpy : « Je suis à Genève. Je te préviens quand je suis à Évian. ».
Réponse maternelle : « OK ».
… Après tout… Poulpy est grande. Elle connaît bien Genève. Pas de problème. Elle gère. Genève sous un soleil de plomb, en pull, avec
un gros sac de voyage, sans les horaires de train ou de bus ? Elle gère j’te dis !
Début du parcours du combattant :
- TPG : bus n°10 de l’aéroport à la gare Cornavin.
- Gare Cornavin : plus de train pour Grenoble. Ça, c’est fait. Direction la gare routière.
- Gare routière : plus de bus pour Évian. Ça, c’est fait. Re direction la gare Cornavin.
- Tram 16 : direction Villereuse. Escale à Migros : Poulpy meure de soif.
- Tram 17 : direction Gare des Eaux-Vives : grosse flemme de marcher.
Il faut préciser que bus et trams étaient tous blindés et avec un sac de voyage c’est top pratique.
- Gare des Eaux-Vives : plus de train pour Évian. Ça, c’est fait.
Un bus « TER-Rhône-Alpes » trône devant la dite gare. Direction ? Annecy… Le bus passe par Annemasse. Un bus climatisé
sur lequel le poulpe peut avoir une réduction de 50% et qui mettra 10 minutes ou un tram genevois jusqu’à Moillesullaz suivi d’un bus qui mettra 30 minutes pour atteindre Annemasse… Qui
choisir ? Cruel dilemme.
Ce sera le bus avec réduction :p
Dans ce fameux bus : le chauffeur, un mec et le poulpe. Le chauffeur fait des blagues pourries, le mec se sent obligé de faire la
causette au poulpe qui elle est occupée à diriger tous les ventilos de la clim sur elle.
« Vous rentrez de voyage ?
- (perspicace en plus) oui. »
Arrivée à Annemasse.
Poulpy se fracasse la jambe à la sortie du bus et se dirige vers le tableau des trains au départ.
Évian ? Prendre le train de Lyon : 30 minutes de retard.
Pfff…
Un poulpe n’est pas à 30 pauvres minutes. Poulpy achète son billet, un coca et s’assoit sur un banc. Le coca est frais mais il explose
quand même. Quelqu’un se serait-il amusé à le secouer avant de le mettre dans le distributeur ? Et là le poulpe aurai aimé que le train soit à l’heure en fait. Car qui arrive à cet instant
avec son sourire et ses cheveux en pagaille en déclarant « je peux m’asseoir ? » un fanta citron à la main ? Le gars du bus.
« Tu vas à Évian ?
- Oui.
- Ce train est toujours en retard.
- Génial.
-…
-…
- Je te suis pas, t’inquiète pas.
- Je m’inquiète pas (c’est quoi cette réflexion à deux balles ?)
- J’descends à Thonon.
- (grand bien t’en fasse) ouai ?
- C’est la preuve que je te suis pas :) »
Pourquoi les mecs se sentent obligés de tenir des conversations quand ils voient que de l’autre côté ça répond pas ? Grande
question existentielle…
À ce moment un autre monsieur aborde le poulpe. Celui là, d’emblée, Poulpy décide de lui accorder plus d’intérêts. Et ça n’a rien à
voir avec le fait qu’il a un gros « SECURITE » écrit sur son T-Shirt ;).
« Euh… Mademoiselle ?
- Oui ?
- … Euh… Vous parlez le français ? dit-il en regardant en biais les étiquettes finnair sur mon sac de voyage.
- … (Un moment de réflexion pour rassembler mon français perdu sous
mon anglais et mon finnois naissant.) euh… oui !
- Parce qu’en fait on s’assoit pas comme ça ici s’il vous plait ».
Le poulpe avait certes perdu son français mais pas ses mauvaises habitudes et était assise sur le dos du banc, les pieds posés là où
toi lecteur tu poses tes fesses. Poulpy s’assoit normalement pendant que fanta citron rigole tout seul.
Le train finit par arriver.
Il atteint même Thonon où le gars fait un dernier (on l’espère) sourire Colgate et dit que « bon ben on se recroisera p’t’être
bien ».
Ouai ouai ouai c’est ça.
10 minutes plus tard Poulpy aperçoit sa gouille préférée par les vitres du train.
Puis la gare.
Puis maman Poulpy.
Il est 21h30.
Home sweet home.
Helsinki/Évian, 9h de transports en commun ! « Fingers in the nose ! »
Le lendemain, 13h30, direction Turin. On n’arrête pas un poulpe qui voyage !
Ils ont parlé...