Des nouvelles de Bamako

 

Il est une heure du matin dans le ciel de Casablanca, deux heures en France, minuit à Bamako. Bono me hurle dans les oreilles " I can’t liiiiiiiiiive… with or whitout yoouuuuuu ! " : et ouai, avec Royal Air Couscous, on a la radio, la télé et tout ce dont on n’a pas besoin à une heure du mat dans un avion ! C’est dingue ^^

 


La journée du 6 mars a commencé à 7h avec William Lemergie sur France 2. Télématin du monde : pas une seule image d’Afrique. D’après le site de l’ambassade, il fait 35° à Bamako. Ici, il ne fait même pas 2° et en plus il neige alors que depuis un moment déjà le soleil revenait tout doucement. Le 6 mars 2009 sera donc la première journée de l’année à m’avoir imposé un casse-tête dès le réveil : comment me vêtir ? Après moultes essais et tentatives, je finis par opter pour la tenue préparée la veille. Ben ouai… J’avais juste envie de perdre du temps !

 

Ma journée de transports en commun commence donc par le train jusqu’à Annemasse, puis jusqu’à Genève, puis le tram, pause déjeuner en ville, et enfin le bus et arrivée à l’aéroport, prête pour le départ. Dans la salle d’attente, il y a une petite fille assise à côté de moi devant la porte d’embarquement et qui répand joyeusement du yaourt vanille part terre ainsi qu’une odeur de caca provenant de sa couche. À part cette légère incommodation et une heure et demie de retard de l’appareil, tout va bien.

 

On décolle enfin à 20h30. J’ai une correspondance à 21h à Casa. Je le repète, tout va bien…

Entre Genève et Casa, couscous pour tout le monde. En plus, on a le choix entre poulet et agneau : quel luxe :p

 


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Avec le décalage horaire, un léger rattrapage de notre côté et un léger retard de la part de l’autre appareil, j’ai ma correspondance, de justesse ! Dans l’aéroport, à peine étais-je sortie de l’avion que j’entendais mon nom raisonner au haut-parleur. Heureusement pour moi la porte d’embarquement n’est pas loin. Malheureusement pour moi je suis la seule de l’avion à aller à Bamako. Tout les autres courent aussi, mais direction Dakar. J’arrive dans le bus pour l’avion en me disant que je vais me prendre la honte pour avoir retarder tout le monde, ça commence bien. Mais en fait, le retard est général : deux petits vieux débarquent tout essoufflés de Bordeaux. Bon, on sera trois à se faire enguirlander. Que nenni : il est tard, tout le monde ou presque dort déjà quand on décolle, dix minutes après que j’ai posé mes fesses à ma place. Même pas peur de rester coincée à Casa ! ^^

Pour nous remerciez d’utiliser Royal Air Couscous, on nous sert… du couscous. Encore. Et on a le choix. Encore. C’est trop la classe. C’est à ce moment que débarque dans mes oreilles Bono. Puis Mika qui me répète que " No happy Ending "… Prémonition ? On décolle. Le gars derrière moi se met à prier en arabe… Il ne serait pas en train de jeter un sort sur l’avion des fois ? humm… Au bout d’un moment, le commandant de bord nous informe qu’on survole Marrakech. J’ai une soudaine envie de faire pipi : tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir pisser dans le ciel de Marrakech ;)

 


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Le 8 mars 2009

 


Arrivée à Bamako à 3h du mat. 1 demi-heure de retard. Après 3h20 de vol. L’aéroport " international " de Bamako-Sénou est tout petit…

Vu du ciel, c’est étrange. Le commandant de bord nous récite la phrase que tout le monde attend : " Mesdames, messieurs nous commençons notre descente sur Bamako…. ". Réflexe, le hublot. Et là, un doute. Dans ma p’tite tête je me dis, " tu es sûr monsieur de vouloir te poser ici ? vraiment ? bon… ben on fait comme tu le sens… c’est toi qui sait… " Car quand on regarde par le hublot pour voir Marrakech la nuit, on voit Marrakech la nuit. Alors que quand on regarde par le hublot pour voir Bamako la nuit, on voit… rien. Première impression de Bamako : pas de lumière. Plus on descend et plus on distingue les deux grands axes routiers : ça fait une croix pour le commandant de bord : vas y, c’est là !

Une fois arrivés, on nous demande de remplir une carte de débarquement, de la paperasse, on vérifie mon visa, mon passeport, et tout le monde se fout que je sois vaccinée ou non contre le palu et la fièvre jaune. Je vais chercher ma valise. À la différence de Genève où tout le monde se fout de savoir où tu vas et d’où tu viens, à Bamako, c’est limite s’il n’y a pas un comité d’accueil pour chaque nouvel arrivant. " Ah vraiment : bienvenue au Mali ! et qu’est ce que tu viens faire au Mali ? et combien de temps tu restes ? un mois et demie ? Ah vraiment c’est pas beaucoup ! tu dois rester plus vraiment ! ".

 

Premières impressions : pas de lumière, beaucoup de " vraiment ".

 

L’aéroport est à une demi-heure de Bamako Centre. Le chauffeur de l’école est venu me chercher avec ma collègue de master. On part donc dans une vieille carcasse direction la villa de l’école. Première impression confirmée : pas de lumière. Mais même s’il n’y a pas d’éclairage, Bamako by night, c’est trop chouette ! Sauf quand on se brûle… la suite au prochain épisode.

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 13:47
Tout est dit ! http://elfarako.canalblog.com/
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 10:55

A Bamako, le rythme s'installe tout doucement (ça veut dire qu'on fait beaucoup de siestes). J'exploite à fond les ressources du CCF qui propose pas mal de choses. On eu une soirée cinéma documentaire notamment qui vallait le déplacement : les gens sont morts de rire tout le temps ! Je ne sais pas si les gens rigolent parce qu'ils acceptent leur situation ou alors parce qu'ils s'en fichent... Mais bon le film sur Thomas Sankara, président du Burkina Faso, le Che africain en somme, était vraiment trop drôle. En plus, le CCF c'est un excellent moyen pour rencontrer des gens.

Je suis toujours assez partagée sur ce séjour à Bamako et n'ai pas encore trouvé l'adjectif adéquat... On voit bien la misère mais franchement on s'y habitue, j'ai eu droit à quelques remarques du style "retourne chez toi" en me baladant dans la rue mais en général les gens sont vraiment super accueillants. Il faut aussi s'habituer à entendre tous les gamins du quartier se mettre à hurler "toubabou toubabou toubabou" quand tu passes (le toubab c'est le blanc). Ya franchement des jours où j'ai envie de dire oui merci je sais que je suis blanche pas la peine de me le rappeler ! Mais bon, un jour un gamin m'a expliqué que ça n'avait absolument rien de méchant ou de raciste mais que pour eux c'est vraiment un "honneur" de serrer la main d'un blanc. N'empêche, le premier gamin qui fait ça en France, à mon avis, il ne tient pas longtemps sans se faire rapeler à l'ordre !

J'ai rencontré des touaregs du Niger au marché d'N'golonina et c'était assez rigolo ! On n'en parle pas des masses en France, mais en ce moment il y a un conflit dans le Nord du Mali, là où vivent ces touaregs... Bref, ceux que j'ai rencontrés sont en train d'essayer de monter une assos pour valoriser leur travail et s'intéressent de très près aux TIC. Ils viennent aussi au CCF pour ce former à la manipulation d'ordi : il y a un tel décalage entre leurs tenues, leur attitude et les technologies modernes ! Bref, je me suis retrouvée enrôlée à leur corriger tous les documents qu'ils ont préparer pour déposer les statuts quand j'ai eu le malheur de raconter que j'avais un peu travailler en maison d'édition !


Voila, des nouvelles en vrac. Dès que j'aurais le temps je vous proposerai des articles un peu plus structurés !
Bientôt des nouvelles d'un brésilien débarquant à Bamako, d'une démo de capoera, d'une "soirée fille en Afrique"...

Poulpy, live from Bko
Et roule ton cheich !

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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 13:40

Article écrit il y a donc déjà un siècle et que j'ai oublié de mettre en ligne. Toutes mes plates excuses à mon lectorat passionné !

C'est la fin de ma première semaine et je suis plutôt partagée.Tous les maliens avec qui j'ai vraiment discuté en dehors de l'école ne pensent qu'à partir en France. Et particulièrement ceux qui travaillent pour les blancs : on est blanc, et en plus français, donc on est riche ou en tout cas on gagne très bien notre vie. C'est paradoxal de voir que les français veulent rester au Mali et que les maliens veulent partir. Ils ont pourtant bien conscience que si les français restent c'est parce qu'ils ont ici ce qu'ils ne peuvent pas avoir en France : de belles maisons, des gardiens, des cuisiniers... Les maliens disent tous que la vie est difficile et qu'en France ça ne peut être que très bien. La plupart de ceux avec qui j'ai parlé cherchent des solutions, autres que clandestines, pour pouvoir partir. Ils connaissent tous quelqu'un qui est mort dans le désert en essayant de rejoindre l'Espagne. Par exemple Alhassane a essayé de passer par un prof du lycée français mais ils n'ont pas eu de visa. Djigui pense partir en 2013 en laissant ici ses deux femmes et ses six enfants. Youssouf va se marier avec une fille dont la soeur est mariée à un français... Je comprend quelque part qu'ils aient envie de partir mais franchement pour trouver quoi ? D'autant plus que tu ne peux pas revenir tant que tu n'as pas réussi. La fille chez qui j'habite a aidé un gars à obtenir son visa et lui, une fois sur place, a eu la chance de trouver un travail, un logement mais il a de faux papiers et Perrine est désormais fichée au consulat... Voila tout ça c'est pas génial...
 
Sinon je trouve que les maliens sont beaucoup plus riches que nous humainement parlant. Certes ça ne suffit pas pour vivre mais c'est vraiment frappant. Ils n'ont pas la même notion que nous de la misère. Pour eux la misère c'est la solitude en fait. Elle représente une sorte de mort sociale. Donc tout le monde est toujours dehors, tout le monde dit bonjour à tout le monde, te demande comment ça va, bien, et la famille, bien, le travail, bien, la santé, bien... Comptez dix minutes juste pour acheter un pain ! Djigui, le gardien de nuit, s'est mis en tête de m'apprendre le bambara : "si tu as le courage, c'est pas difficile. Tu rentres en France et tout le monde dira elle parle le bamabara" :) Alhassane, le gardien tout court, s'est transformé en guide (ce qui est quand même bien pratique !) Ils sont vraiment très chaleureux. C'est une impression générale mais il y a toujours des gens qui n'apprécient pas forcément les blancs et leurs manières de faire. Je pense notamment que le projet de collaboration avec l'école malienne en face de la nôtre ne va pas se faire. Ou en tout cas pas cette année. Et il faut voir la tronche de cette école... Des classes surchargées, du matériel pourri, un brouhaha permanent, la rue qui sert de cour de récré et donc des gamins qui se font parfois renversés, pas de clim ni de ventilo... Bref des conditions magnifiques pour s'en sortir dans la vie... L'école française elle ressemble à un bac à sable géant. Elle rassemble tous les "fils-à-papa" comme ils sont appelés par ceux d'en face, c'est-à-dire l'élite malienne comme par exemple le fils du premier ministre. Du coup, même si la cohabitation se passe apparemment bien, au niveau des partenariats c'est pas gagné à mon avis. Du coup dans mon travail je me concentre sur les projets en cours qui ont pris énormément de retard mais ça n'a pas l'air d'inquiéter les gens (le rythme est légèrement différent ici !). Tous les projets de l'école sont financés tout ou partie par la fondation orange et je n'ai pas compris pourquoi mais c'est là que ça coince apparemment pour notre partenariat. Je vais fouiller un peu pour comprendre tout ça !

A plus tard !
Poulpy, live from Bko

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Publié dans : Des nouvelles de Bamako
Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 13:34



Par un beau jour de neige, Poulpy en a eu marre du froid et a pris ses tentacules à son cou direction les terres chaudes !

Me voici donc dans un pays où c'est "définitivement" une autre culture, où la mode est au boubou Barrack Obama et où les indications spatiales sont plutôt aléatoires. N'essayez même pas de lire, de comprendre ou de vous repérer sur un plan de Bamako. Mon guide du routard qui date de 2008 est déjà H.S ! Plein d'endroits conseillés n'existent plus, j'habite dans la rue 26 très logiquement placée entre la 42 et la 14, maison 46, entre la 17 et la 23... Logique tout ça ! Autre type d'indications, quand vous demandez où est l'école où vous devez travailler le lendemain, on vous répond "après le goudron"... Bien bien bien... Mais où est-elle cette route goudronnée ? Il n'y en a qu'une dans le quartier, guidez vous au son de la circulation : horrible ! On risque de se faire écraer toutes les deux secondes quand on est un piéton, et en plus blanc : on est plus visible forcément !

Bientôt plus de détails sur la vie trépidante des bamakois, lorsque le temps et l'envie d'écrire me seront revenus.

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Publié dans : Des nouvelles de Bamako
Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 17:40
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